Avant d’entamer leur tournée R3union, UZEB n’avait pas joué ensemble depuis 25 ans. Leur retour permettra aux fans de renouer avec leur jazz fusion et à une nouvelle génération de les découvrir.

La genèse

Tout a commencé avec le guitariste Michel Cusson qui avec son groupe de l’époque jouait le soir de la Sainte-Eusèbe, le 17 août 1975. De là est né le nom. La formation s’est modifiée par la suite. La première rencontre déterminante était celle d’Alain Caron. Un soir, alors qu’il passait à Drummondville avec un groupe pour lequel il jouait, il est tombé sur une performance du groupe. Lui et Cusson ont joué quelques minutes ensemble et se sont rendu compte que la chimie était au rendez-vous. Puis, en compagnie du batteur de l’époque, Michel Cusson va voir Paul Brochu jouer de la batterie sous la recommandation d’un ami. Le batteur de l’époque a compris tout de suite : « c’est le gars qu’il vous faut. » Paul Brochu prend donc sa place.

Ainsi est réellement né UZEB, ce groupe de jazz fusion qui allait laisser sa marque sur le Québec. Le groupe s’est mérité 9 Félix pendant sa carrière dont 2 prix pour le groupe de l’année. La formation a tourné un peu partout à travers le monde. L’absence de chanteur qui semblait une faiblesse pour plusieurs au début s’est rapidement transformée en atout. La langue n’était pas une barrière, tout le monde comprend le langage musical. Cette communion, le groupe l’a portée un peu partout en Europe et surtout en France où le public les appréciait particulièrement.

Un répertoire aussi particulier que notoire

Les succès d’UZEB possèdent des titres aussi inusités que le nom du groupe. 60, rue des Lombard, Mile « 0 » et Perrier citron. Ces chansons sont des moments forts de la discographie du groupe. Le trio a surtout trouvé une façon efficace et intelligente d’insérer les sons de claviers et les échantillons de sons à travers leurs compositions. Leurs pièces prennent ainsi un nouveau tournant et racontent une histoire que l’auditeur peut suivre. Les prouesses techniques des trois musiciens laissent aussi souvent pantois. Les rythmes de batterie syncopés de Paul Brochu sont uniques. Les riffs de basse d’Alain Caron, qui bouge ses doigts à la vitesse de la lumière, conservent un groove puissant. Puis, la guitare éloquente de Michel Cusson qui pleure parfois entre ses mains.

UZEB ne refusait pas la collaboration pour autant. Le trio a joué avec des trompettistes incroyables et a même travaillé avec Diane Tell. Comme quoi, malgré leur style peu usuel, la formation était capable de faire le pont vers des milieux plus populaires en musique. Ses chansons mélodieuses ont aussi contribué à attiser l’amour du public. Un public qui est resté fidèle même après 25 ans d’absence.

Une pause nécessaire pour mieux se retrouver

Victime de leur succès, UZEB a fait une tournée de plusieurs mois en France qui a été le début d’une réflexion sur leur avenir. Éreinté par la vie de tournée, les tensions apparaissent entre les membres du groupe. Plutôt que de s’entre-déchirer et perdre leur amitié, les trois musiciens ont décidé d’un commun accord de prendre une pause. Aucun des trois ne s’attendait à ce qu’elle dure aussi longtemps. Leur dernier concert a d’ailleurs été capté lors du Festival International de Jazz de Montréal en 1992.

En solo les trois membres se sont distingués de plusieurs façons. Un petit aperçu de leurs prouesses :

Michel Cusson:

  • A composé la musique pour plusieurs films et émissions télés, dont Omertà, Séraphin, un homme et son péché ainsi qu’Unité 9.
  • A composé de nombreux albums, dont le plus récent est paru en 2016.
  • A composé la musique pour Cavalia.

Alain Caron:

  • A fait paraître neuf albums studio.
  • A collaboré avec plusieurs artistes pop, dont Linda Lemay, Céline Dion et Diane Dufresne.
  • Est lauréat du prix Oscar-Peterson.

 

 

Paul Brochu:

  • A accompagné plusieurs artistes sur scène, dont Gregory Charles et Gino Vannelli.
  • Est professeur de batterie à la Faculté de musique de l’Université de Montréal.
  • A contribué à de nombreuses bandes sonores d’émissions de télé et de films.

 

Bref, UZEB c’est un phénomène à découvrir!